My Little Hero
L'heure du conte
Des développeurs suédois Acne Play, on connaissait surtout l'excellent
Pizza Boy, sous influence Super Mario Bros assez évidente et, en bonus exquis, carré comme un jeu de l’ordinateur Amiga. My Little Hero, leur dernier titre, semble à priori se présenter comme un nouveau départ : moteur 3D flambant neuf, partenariat de distribution avec les coréens NCSoft… Pourtant, là encore, on reste dans l'hommage à Nintendo et, plus particulièrement, aux codes action/aventure posés par Legend of Zelda il y a plus de vingt ans. Il y a un héros courageux, pas mal de combats, un peu d'exploration, quelques énigmes, et même ces fameuses touffes d'herbe à l'intérieur desquelles les aventuriers étourdis perdent petite monnaie et trésors divers.
Ce que l'on remarque d’entrée, c'est le soin apporté à l'univers (le collectif Acne trempe également dans la production publicitaire et la direction artistique, entre autres). Il y a là de jolis emprunts à l'imaginaire biscornu de Tim Burton (période Etrange Noël de M. Jack) et de petites trouvailles visuelles charmantes, comme une esthétique volontairement brouillonne inspirée par le dessin d'enfant. La maîtrise technique du studio, déjà établie par Pizza Boy, n'est quant à elle plus à prouver. Mis à part quelques rares problèmes de caméra, occasionnellement masquée par des éléments du décor, les interactions sont agréables et le niveau général de qualité évoque moins le smartphone que les jeux téléchargeables du Xbox Live Arcade ou du Playstation Network.
L'action/aventure version light
Ce que l'on remarque également, en revanche, c'est une certaine aridité conceptuelle. La répétition des décors (des grands espaces un peu vides, des couleurs ternes, une végétation sans relief) et des gestes plonge vite l'aventure dans un rythme ronronnant que l'extrême clémence du challenge se garde bien de déranger. Les combats sont pour la très grande majorité de simples distractions et les bonus de santé sont assez fréquents pour éliminer tout sentiment de danger réel. Les énigmes, quant à elles, dépassent rarement le niveau élémentaire : écrous pour les interrupteurs à pression, lance-pierres pour les interrupteurs haut-perchés, lampe-torche pour les lanternes… Le bon objet au bon endroit, en somme, mais version très light, jeu d'éveil presque : la bonne forme géométrique dans le bon trou.

La démarche s'explique assez logiquement si l'on considère My Little Hero sous l'angle du jeu "familial", et les références constantes au monde de l'enfance (la chambre comme quartier général, les placards mystérieux, la peur du noir, le grand-méchant croque-mitaine…) semblent confirmer cette théorie. Quand bien même, toutes les pièces essentielles du genre sont là (objets spéciaux introduits régulièrement, combats contre les boss pas complètement idiots…) et les plus expérimentés pourront facilement se laisser séduire par une petite aventure tranquille, pas chère, et parfaitement honorable, même si le joli conte attendu a un peu trop souvent tendance à basculer du côté de la berceuse.