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Kale In Dinoland
La grande illusion
Publié le 21/03/2012, par Eric Simonovici
Plate-forme :
iPhone
Editeur :
The Rotting Cartridge
Développeur :
The Rotting Cartridge
Version testée :
1.0.1 (01/03/2012)
Langue :
Anglais
Taille :
118 Mo
Prix :
1,59 €
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On aime :
L'expérience Gameboy recréée à la rayure près
Pouvoir chevaucher toutes les créatures
Grande liberté de mouvements
Beaucoup d'exploration et de secrets
On aime moins :
Taille du pad virtuel
Bugs curieux
Rareté des points de sauvegarde

Note :

Kale in Dinoland démarre bel et bien avec une histoire, mais pas forcément celle que l'on attend. C'est l'histoire, donc, d'un jeu développé par un studio nommé Skysoft et sorti en 1992 sur Gameboy, l'un de ces classiques underground qui, sans jamais avoir connu le succès des Tetris ou des Pokémon, se sont tout de même constitués une petite communauté de fans dévoués. Fans parmi lesquels on trouve les développeurs de cette nouvelle adaptation iOS, présentée comme une copie quasi-parfaite de l'original. Tout cela est très mignon mais (petit spoiler) complètement faux. Pas plus de Skysoft que de Dinoland dans les livres d'Histoire du jeu vidéo, le studio The Rotting Cartridge ayant tout inventé. Blague rigolote ou tentative sournoise de faire vibrer la fibre nostalgique (et le portefeuille) des plus de 30 ans ? Toujours est-il que cette fiction pose des questions fascinantes. Le regard porté sur Kale in Dinoland est-il différent selon que l'on connaisse ou non son petit secret ? Le sentiment nostalgique est-il lié à l'authenticité de l'expérience ? Peut-on, en 2012, créer un jeu comme on le faisait il y a vingt ans… et convaincre ?

Monochrome, chiptunes et plateformes


The Rotting Cartridge, en tout cas, n'a pas ménagé ses efforts : graphismes pixel art dans le ton monochrome vert-marron qui s'impose, ambiance sonore chiptune, police de caractères d'époque… Même le léger clignotement du LCD ainsi que les rayures de l'écran ont été reproduits. Le jeu, lui, appartient comme il se doit au genre plate-forme et met en scène un protagoniste jeune et adorable, des ennemis kawaii, des boss, ainsi que les environnements habituels (jungle, profondeurs marines, etc.). Tout cela reste assez simple (on est en 1992, rappelez-vous) mais ne manque néanmoins pas d'idées. Kale in Dinoland a ainsi son petit gimmick puisqu'il est possible de sauter sur la tête d'à peu près toutes les créatures rencontrées (poisson, méduse, singe, oiseau…) pour gagner leurs pouvoirs : grimper aux murs, voler, s'élancer de liane en liane, etc. Cette liberté de mouvements dont dispose du coup le joueur fait exploser la structure des niveaux, que l'imagination des designers fait partir dans toutes les directions. Ces derniers placent portes secrètes et warp zones littéralement aux quatre coins de l'écran, transformant la linéarité parfois enquiquinante de la quête en une errance délicieuse.

Vrais ou faux bugs ?


Techniquement, si l'on excepte la taille absolument ridicule du pad virtuel (qui masque le quart de la surface tactile sur iPhone), l'ensemble est correct. Que dire en revanche de ces dérapages incongrus, les tremblements occasionnels de l'écran, les dommages inexpliqués alors que rien ne touchait le héros, voire carrément les passages à travers le décor ? Vu le reste du jeu, on soupçonne que ces bugs supposés soient en fait parfaitement prémédités, vestiges d'une époque ne connaissant ni les beta tests de plusieurs mois, ni les mises à jour via Internet. Ce qui semble intéresser Rotting Cartridge, en fait, c'est moins le jeu lui-même, stéréotype agréable mais un peu interchangeable, que l'expérience Gameboy, jusque dans ses aspects les moins désirables comme la difficulté old school du challenge, par exemple, ou la rareté parfois rageante des points de sauvegarde. De ce point de vue, Kale in Dinoland ne manque pas d'intérêt, particulièrement pour les fans de rétro-gaming, même si la radicalité de la démarche régressive montre que le "bon vieux temps" n'a parfois de bon que ce qu'on veut bien lui donner.
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