Accueil » Test » Jeux » Action »
Head over Heels
British Touch
Publié le 15/05/2012, par Eric Simonovici
Plate-forme :
iPhone
Editeur :
Elite Systems
Développeur :
Jon Ritman & Bernie Drummond
Version testée :
1.0 (11/05/2012)
Langue :
Anglais
Taille :
10,6 Mo
Prix :
1,59 €
Trouver l'application sur l'App Store

On aime :
Un super spécimen action/aventure période micros 8-bits
L'atmosphère unique, mélange de non-sens British et de surréalisme
Contrôles personnalisables à l'infini
Double système de sauvegarde (manuel et automatique)
On aime moins :
Basé sur la version ZX Spectrum, légèrement inférieure visuellement
Certaines conventions de gameplay d'époque peuvent agacer

Note :

Que reste-t-il de nos amours ? dit la chanson. Et que reste-t-il de nos années Amstrad CPC ? Des boîtes de disquettes 3 pouces Hitachi pourrissant au fond d'un grenier, probablement, banques-mémoires étiquetées de Aaargh! à Zynaps et qu'il est tentant de vouloir déboucher, comme si l'âge leur avait conféré les propriétés d'une cure de jouvence miraculeuse. Mais soyons lucides : des balbutiements tels que Saboteur ou Barbarian sont loin d'être des grands crus et vouloir déranger ces vieilles momies, c'est surtout prendre le risque de voir les souvenirs chéris se désintégrer à la lumière crue du présent (perso, j’y joue encore parfois et je trouve qu’un Barbarian, un Bombjack ou un Rick Dangerous ont plutôt bien encaissé le poids des années, mais c’est mon point de vue !, NDRC).

Head over Heels est l'une de ces exceptions prouvant que, oui, on n'a pas rêvé l'âge d'or du computer gaming. Le titre est tout d'abord représentatif d'une certaine idée de la production vidéo-ludique anglaise de l'époque, ancrée dans une culture du non-sens et teintée de références surréalistes geek. Pêle-mêle, on trouvera par exemple ici des Charleks (les robots Daleks de la série Dr. Who affublés de la tête du Prince Charles) et des plateformes mouvantes en forme de sandwiches, autant d'éléments ramenant à l'univers furieusement barré d'un Jet Set Willy ainsi qu'à une bonne partie de la production de Jeff Minter.

Le jeu d'action/aventure à l'anglaise


Historiquement, il s'agit également là d'un des exemples les plus aboutis d'un sous-genre populaire de l'époque : le jeu d'action/aventure en 3D isométrique, dont les codes mécaniques, visuels (minimalisme des décors, utilisation d'un mode graphique spécifique sur CPC) et même sonores (les fameuses boucles accompagnant les mouvements de tous les éléments du jeu et donnant au gameplay-même des qualités musicales) furent établis dès 1984 et pour plusieurs années durant par le studio Ultimate Play the Game, qui explosera dans les années 90 sous le nom de Rare.

Fidèle à la recette, Head over Heels envoie donc le joueur à la recherche d'une série de couronnes, arpentant un labyrinthe très géométrique de pièces connectées entre elles et truffées pour la plupart de pièges divers. Outre la partie exploration (les développeurs revendiquent plus de 300 salles), le challenge prend ici la forme d'énigmes environnementales et, surtout, de pures séquences plateforme tendance old school, donc assez pointues ; sens aigu du timing et précision sont des musts, beaucoup de sauts se calculant quasiment au pixel près. La différence distinguant le titre du simple clone, c'est la présence de deux personnages à gérer en parallèle : l'un saute haut, l'autre court vite, des disparités que le gameplay exploite de manière inspirée, particulièrement durant les séquences où les deux compères doivent collaborer. Le jeu y gagne des situations et des problèmes inédits, démultipliant les possibilités dans un univers débordant déjà pas mal d'idées et de surprises.

Un classique parallèle de l'Histoire du jeu vidéo


Techniquement parlant, l'adaptation est quasi-parfaite, le contraire ayant été dommage vu le grand âge du logiciel, conçu pour tourner sur des processeurs à 4 Mhz (250 fois moins que celui équipant l'iPad). Particulièrement impressionnants sont les efforts faits du côté de l'interface, personnalisable jusqu'à l'obsession. De la taille et position de l'écran, jusqu'au positionnement précis de chaque bouton (avec, là encore, possibilité de modeler leurs dimensions au pixel près), tout est paramétrable, avec en prime deux configurations différentes pour les modes paysage et portrait.

De là à crier au chef d'œuvre ressuscité, il n'y a qu'un pas (en arrière) que seule une certaine frange de la communauté rétro-gamer franchira. Car dans l'esprit d'un grand public nourri de Zelda, de Mario et de Pac-Man, tout comme dans celui des gardiens de l'Histoire du jeu vidéo au sens large, un titre comme Head over Heels reste cette curiosité notable, certes, mais d'un intérêt secondaire car n'ayant eu qu'un impact relativement limité. En 25 ans, cependant, les choses ont changé. Réseaux mondiaux, blogs ultraspécialisés et culture du partage aidant, l'heure est à la (re)découverte, à ces petits chemins de traverse possiblement ignorés, à ces spécialités exotiques dont la qualité et l'inventivité rivalisent parfois avec celles des classiques archi-canonisés. Cette réédition n'en est que plus importante : non contente de faire la lumière sur un spécimen signifiant de la culture jeu vidéo anglaise des années 80, elle célèbre une histoire parallèle du jeu vidéo, celles des garages et des chambrettes riquiqui où des mavericks géniaux, loin des laboratoires officiels des consoles de salon et des salles d'arcade, ont inventé une grammaire et des codes uniques. Une vraie épopée de pionniers dont les fruits trouvent aujourd'hui naturellement leur place dans le grand pudding créatif et démocratique de l'App Store.
< 1 >

Envoyer à un(e) ami(e)

Par eric, le 22-05-2012 à 16:41:02

des heures et des heures de jeu sur la version amstrad !
L'AVIS DES LECTEURS il y a 1 avis

Nom ou pseudo
Email (ne sera pas affiché)
Commentaire
Balises HTML désactivées, hyperliens formatés automatiquement
Code d'authentification (recopiez le code à 4 chiffres)

Poster le commentaire
Kyle Gabler & Kyle Gray (Little Inferno)
Simplicité de surface
Apple iPad Mini
Dans le creux de la main