Burnout CRASH!
Chaos Engine
D'abord, oublier tout ce que l'on connait de la série
Burnout sur consoles de salon. Crash n'a en effet rien à voir avec un jeu de course et le titre est par ailleurs assez différent du mode annexe original qui lui donne son nom. L'objectif principal (provoquer les accidents les plus spectaculaires en lançant son véhicule à toutes berzingues dans une intersection) reste le même mais les moyens d'y parvenir sont, pour le coup, totalement différents. Dans la version originale, l'accent était avant tout mis sur le pré-crash, la réussite ou non de l'entreprise se résumant souvent au choix du bon angle d'attaque (quelques options rudimentaires de contrôle de la carcasse pouvaient ensuite parfois faire la différence). Ici, l'impact à proprement parler est anecdotique : l'essentiel du jeu se passe après, en déplaçant son véhicule pour bloquer telle ou telle voie, faire péter les différents éléments du décor et, finalement, faire grimper son score. Evidemment, tout ce qui pouvait passer pour à peu près réaliste dans l'original est du coup tombé dans le délire complet. Le genre de délire mettant en scène une épave détruite se baladant d'un bout à l'autre du niveau en faisant des sauts de puce.
Un puzzle game difficile à contrôler
Burnout Crash pourrait, en théorie, tenir du puzzle game. Certains modes (tels que le Pile Up ou le Road Block) exigent en effet de ne laisser filer que cinq véhicules maximum, imposant la nécessité de construire des carambolages-barrages à des endroits-clés. Mais cet aspect du jeu est, pour parler franchement, raté. Déclencher son Crashbreaker, une jauge se remplissant à chaque accident causé, se fait en touchant du doigt l'écran, ce qui fait double emploi avec le mode de contrôle du véhicule, un glissé du doigt sur le même écran. Résultat : ça explose partout et n'importe quand, rendant toute tentative de construction un tant soit peu stratégique vaine. Encore faudrait-il savoir ce qu'il faut faire ; aucun tutorial ou même section d'aide ne renseigne sur les règles précises de chaque mode et c'est un peu au hasard que l'on découvre que tel truc fait monter le multiplicateur ou que tel autre déclenche le mode Inferno.
Carambolages sur fond de Miami Sound Machine
Le hasard, cependant, sied plutôt bien au titre, et il faut avouer que Criterion n'a pas perdu la main lorsqu'il s'agit de générer des situations chaotiques. Les parties sont remplies d'évènements loufoques tels que "pizza de la fortune" modifiant temporairement les paramètres du jeu, apparitions incongrues de véhicules spéciaux (ambulances, bulldozers…), voire même désastres tels que cyclone ou atterrissage-catastrophe d'un 747. Et il y a tellement à faire : mini-objectifs pour remporter des étoiles, combos d'explosions, bâtiments spécifiques à démolir, skillshots… le tout sur fond de
Miami Sound Machine (le fameux Doc-Doc-Doc-Doc-Doctor Beat) et de bruits de machines à sous. Car en fait de jeu de course, ou même de puzzle game, Burnout Crash aurait finalement plus à voir avec le flipper, un univers auquel le titre emprunte sa balle folle, son système de cibles et son goût prononcé pour le bruit (au sens aussi bien sonore que visuel). Vue sous cet angle, l'expérience est assez grisante, pour peu que l'on accepte l'idée de ne pas maîtriser ou comprendre grand-chose.